Bonne route vers Pâques:
Au terme de ce Carême 2026, nous entendrons dans la liturgie des Rameaux, les Ecritures nous ouvrir deux chemins. Le premier relate l’entrée triomphale du Christ dans Jérusalem. Les foules en liesse acclament « celui qui vient au nom du Seigneur ». Puis quelques instants après, la liturgie nous relatera l’autre chemin, celui qui mènera à la crucifixion. Les foules, encore elles, déverseront leur haine, leur folie sur cet « homme, qui s’est proclamé roi ». Deux chemins, deux jugements : un
procès civil, et l’autre au nom de la Loi divine. Saint Marc laisse résonner dans son évangile le silence du Christ tout au long de ces deux chemins. Il ne dit rien ou presque. Tant la Vérité qu’il annonce ne peut être entendue. Tant le cœur de ceux qui le condamnent pense déjà savoir tout de Dieu, et de la justice. Ce silence du Christ endosse le silence de ceux qui en notre onde
actuel souffrent en silence, loin des médias, des discussions sociales et solidaires. Loin de nos préoccupations…Et ce silence est si incarné que le Christ lui-même l’expérimente sur le bois de la Croix : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Un silence si terrible qu’il devient le cri de beaucoup au jourd’hui ! Notre démarche personnelle de ce Carême veut choisir la vie, la vérité, l’espérance en prolongeant nos « privations » par des actions en faveur des autres. En faveur de Dieu lui-même pour retrouver au-delà de nos efforts notre vrai visage : celui d’enfant de Dieu. S’ouvrent chaque jour pour nous deux chemins : celui de la vie ou celui de l’égoïsme. Chaque matin, dans le silence de ma prière intime, je renais, je laisse jaillir le cri de l’enfantement à cette vie divine. De ma fidélité à suivre Celui qui marche au milieu de nous, jaillira, de mon espérance et de ma foi, cette reconnaissance : « Vraiment, cet homme est le Fils de Dieu ! » Bonne route vers Pâques !
Père François LABBE, curé

